Conférence webinaire: «Évolution future de la gestion des ressources régionales en eau souterraine : intégrée, branchée, intelligente et intelligible»

Quand :
25 octobre 2017 @ 12 h 15 min – 13 h 15 min
2017-10-25T12:15:00-04:00
2017-10-25T13:15:00-04:00

En collaboration avec l’AIH-SNC, nous recevons René Lefebvre, professeur et chercheur à INRS-ETE et lauréat du prix Robert N. Farvolden 2016, qui présentera:

 

«Évolution future de la gestion des ressources régionales en eau souterraine : intégrée, branchée, intelligente et intelligible»

 
La présentation sera diffusée en français par vidéoconférence à partir de l’INRS-ETE (local 2422), le mercredi 25 octobre à 12h15. Vous pouvez assister sur place à l’INRS-ETE (local 2422) ou à partir de l’UQAM (local PK-7605 du pavillon Président-Kennedy), ou encore en ligne via la plateforme webinaire. Pour assister à nos conférences, inscrivez-vous sur la liste d’envois à rqes.coord@gmail.com, c’est gratuit!
 

Résumé:

Cette présentation résume le développement des connaissances sur les ressources en eau souterraine au Québec et esquisse une vision de la gestion future des ressources en eau.

La mobilisation d’un grand nombre d’intervenants gouvernementaux, universitaires et de la société civile a permis au Québec de vivre une autre révolution tranquille; cette fois au niveau des connaissances et de l’encadrement des ressources en eau souterraine. Certains jalons importants sont représentés par la consultation du BAPE sur la Gestion de l’eau au Québec (2000), la Politique nationale de l’eau (2002), la Loi sur l’eau (2009) et le Programme de connaissances sur l’eau souterraine (PACES) du Québec (2008). Ces développements se sont appuyés sur les travaux de cartographie hydrogéologique réalisés en partenariat par le Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) et la Commission géologique du Canada (CGC) entre 1995 et 2008 (Portneuf, Basses-Laurentides et Châteauguay). Les projets du PACES devant être réalisés par des universités, la communauté scientifique s’est mobilisée et concertées en formant d’abord le Groupe de recherche interuniversitaire sur l’eau souterraine (GRIES) et ensuite le Réseau québécois sur l’eau souterraine (RQES). Le PACES nécessitait aussi l’implication active de partenaires régionaux pour la réalisation des projets, notamment les Organismes de bassin versant (OBV) et les Municipalités régionales de comtés (MRC). De nombreux outils techniques et scientifiques ont été développés au cours des projets de cartographie hydrogéologique : approche de caractérisation régionale, évaluation des propriétés hydrauliques des aquifères, développement de modèles géologiques et conceptuels, estimation de la recharge spatialement distribuée, et exploitation de la géochimie de l’eau souterraine pour comprendre les systèmes aquifères. Des efforts ont aussi été dédiés au transfert des connaissances aux partenaires régionaux, notamment via le programme développé par le RQES.

La gestion des ressources régionales en eau, tant de surface que souterraines, doit s’appuyer sur des données assurant la connaissance des ressources, la compréhension des systèmes d’écoulement grâce à des modèles numériques, et la formulation de plans de gestion basés sur cette compréhension. La gestion durable des ressources en eau est vue comme nécessitant une considération de l’évolution des besoins en eau, l’usage d’indicateurs de l’état des ressources et de leur réponse aux actions de gestion, ainsi que du développement progressif et continu de la connaissance et de la compréhension de la ressource. La gestion doit être « intégrée » en considérant à la fois les eaux de surface et les eaux souterraines, en protégeant tant les approvisionnements municipaux que les usagers résidentiels de l’eau souterraine, et en combinant un ensemble d’outils qui doivent être inter-reliés. Ces outils sont constitués 1) de données et cartes de base sur le système d’écoulement, 2) de réseaux d’observation (météo, eau de surface, eau souterraine), 3) de modèles couplés représentant l’écoulement de surface et souterraine, 4) d’un plan de gestion appuyé par un système de support aux décisions, 5) de processus d’implication des intervenants régionaux, et 6) d’indicateurs de gestion durable. La gestion se doit aussi d’être « branchée » en fournissant de façon continue des informations sur l’état des ressources en eau, notamment grâce aux données interprétées des réseaux de suivi et aux indicateurs de gestion durable. La gestion doit aussi être « intelligente » en étant basée sur une compréhension approfondie du système d’écoulement, notamment grâce à des modèles numériques qui devraient être gardés « vivants » à long terme et améliorés de façon continue par l’assimilation des données de suivi. Enfin, la gestion se doit d’être « intelligible » en assurant la traduction et la diffusion des informations aux intervenants régionaux et à la population. Plusieurs développements ont été faits ou sont en voie de réalisation vers une telle approche de gestion des ressources en eau. Les efforts concertés fournis au cours des 20 dernières années au Québec permettent ainsi d’entrevoir l’avenir avec optimisme, bien que de nombreux autres efforts soient nécessaires pour arriver à une forme originale de gestion des ressources en eau.

Note : cette présentation est une reprise de la Conférence Farvolden 2016 donnée le 3 octobre 2017 dans le cadre du congrès GeoOttawa 2017.

 

Affiche et résumé